LE MANQUE DE DESIR SEXUEL CHEZ LA FEMME
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnait le droit à une
sexualité épanouie. La santé sexuelle est reconnue comme partie intégrante du bien-être auquel chaque individu à droit.
Certaines femmes n'éprouvent que peu de désir sexuel voire aucun. Cette
situation peut être temporaire ou se prolonger. Souvent, après une période variable de sexualité satisfaisante, elle voit son désir disparaître, brutalement ou progressivement.
Les unes consultent pour elles-mêmes, parce qu'elles n'aiment pas cette
image d'elles sans désir ; d'autres, consultent pour sauver leur couple, ou pour faire plaisir à leur conjoint parce qu'elles culpabilisent de le rendre malheureux ou simplement pour ne pas
le perdre.
Aucun plaisir de la vie n’a de norme quantitative.
Mais, dans un couple, il y a un minimum de partage et d'harmonie
nécessaire à la poursuite de l'aventure. Cela signifie que celui des deux qui a le moins de désir doit apprendre à trouver ou à retrouver d’autres joies dans la relation sexuelle (le plaisir
d’être dans les bras de l’autre, la tendresse partagée, etc.), et celui qui a le plus d’appétit sexuel doit apprendre à gérer la frustration. Entre beaucoup et très peu, il y a un juste milieu
nécessaire au maintien du couple.
QUELQUES PISTES POUR COMPRENDRE LES ORIGINES POSSIBLES DES TROUBLES DU
DESIR
Anorgasmie
Certaine femme connaissent ou ont connu l’excitation et la volupté qui
l’accompagne, mais ne savent pas parvenir à l’orgasme. La frustration, l’échec, l'impression de ne pas être normale, ou d’être incompétente… et puis, le fait d'être uniquement témmoin de la
jouissance de l'autre, sans rien ressentir, fait du jeu amoureux un mauvais moment à passer, voire une corvée.
On comprend que la femme déçue évite la relation sexuelle le plus souvent
possible : le masochisme a ses limites ! Que ce soit à cause du comportement du partenaire, de son éjaculation trop rapide, par exemple, ou de sa propre incapacité à jouir, la femme n'a
plus envie de relation sexuelle, elle investit ailleurs que dans la sexualité : le ménage, les enfants, la télé, le sport, le métier, le bénévolat…
Si une femme connaît l’orgasme mais n’y parvient pas avec son partenaire,
quelles qu’en soient les raisons (inhibition personnelle, maladresses du partenaire…), ce n’est pas de l’anorgasmie. Elle peut alors se réfugier éventuellement dans la masturbation et être
insatisfaite de la relation sexuelle.
Troubles du plaisir
Quand une femme n'a pas de plaisir sexuel et/ou pas d'orgasme (ce qui
n’est pas la même chose), on a tendance à la qualifier de "frigide". Ce terme a une connotation péjorative, qui sous-entend la l’idée d'un corps de femme froide et rigide, ce qui est totalement
faux.
En cas de troubles du plaisir ou d’anorgasmie, consultez un sexologue qui
vous apportera des conseils de conduite mieux adaptée.
Mais il faut différencier un problème sexuel passager d’une réelle
dysfonction sexuelle.
Différents degrés des troubles du plaisir
· La femme n'est pas émue par les caresses sur son corps, qui ne déclenchent pas les
phénomènes de l'excitation sexuelle. Parfois même, ces caresses peuvent provoquer une tension musculaire plus qu'une détente.
· L'étape des caresses sur le corps se déroule plutôt bien, mais dès que ces caresses
deviennent sexuelles, elles ne sont plus agréables, pas excitantes, voire répugnantes.
· Ou encore les étapes précédentes se passent bien (donc plaisir) mais malgré tout
l'orgasme ne se déclenche pas. On parle alors d'anorgasmie.
Il y a un véritable trouble du plaisir uniquement si la relation se passe
dans de bonnes conditions, dans un climat de confiance, avec des stimulations suffisantes et adéquates. Parfois ces bonnes conditions, pour diverses raisons, sont difficiles à mettre en œuvre par
le couple. Il pourra alors se faire aider par un professionnel, un sexologue ou un thérapeute de couple.
Ä Il ne faut pas oublier que la femme a un temps de réponse beaucoup plus long que l’homme pour atteindre l’orgasme.
Prenez beaucoup de temps pour les préliminaires avant la pénétration.
Ä De plus, les femmes possèdent plusieurs zones sexuelles érogènes, mais très peu de femmes (25 %) peuvent se passer
de la stimulation clitoridienne pour obtenir l'orgasme. Cela signifie que les 3/4 des femmes ont besoin d’une stimulation clitoridienne pour atteindre l’orgasme. Donc, s’il n’y a pas de
stimulation clitoridienne suffisante simultanément à la pénétration, ne pas avoir d’orgasme pendant cette pénétration n'est pas considéré comme un trouble du plaisir, .
Ä Certaines femmes cherchent le plaisir surtout pour plaire à leur partenaire et très peu pour elle-même. Elles craignent
que leur partenaire ait une mauvaise opinion d'elles ou les quitte si elles ne jouissent pas. Elles se retrouvent alors dans une angoisse de performance, et abordent la sexualité avec la peur de
ne pas y arriver. Dans ces conditions, même si elles ont du plaisir, elles ne peuvent pas ou ont beaucoup de mal à atteindre l’orgasme, ce qui peut les conduire à faire semblant, ce qui va
renforcer l’angoisse, l’insatisfaction puis la rancœur.
Souvent, c’est un événement particulier qui va déclencher la baisse du
désir
Une naissance, un deuil, le chômage, un bouleversement dans la vie
quotidienne, etc. Si l'harmonie sexuelle n'est plus au rendez-vous, il faut réinventer la sexualité sur de nouvelles bases.
La baisse de libido chez la femme est très souvent une réponse
fonctionnelle et normale d’une femme souffrant de stress, de fatigue ou de mauvaises relations avec son partenaire. Il faut donc impérativement distinguer l’inhibition d'adaptation qui est
une réponse saine liée à un moment précis de la vie de la femme, d'une dysfonction sexuelle qui a toujours existé dans la vie de cette femme.
Demande excessive du partenaire
Nous l’avons vu, il n’y a pas de norme quantitative, chacun a son appétit
sexuel qui peut être fluctuant en fonction des évènements de la vie, du travail, de la fatigue etc. Si elle est continuellement bousculée dans son rythme, la femme n'arrive pas à suivre la
demande de son partenaire, et finit par être dégoûtée par les jeux sexuels. L’homme qui ne respecte pas le rythme de sa partenaire dans sa vie
quotidienne paralysera le désir.
L’appétit sexuel est variable d’une personne à l’autre. Beaucoup pensent que seules les femmes manquent de désir, ne dit-on pas que « les hommes ne pensent
qu’à ça ! ». Je reçois aussi des femmes frustrées par le manque de libido de leur partenaire qui se satisfont d’une ou deux relations par mois, voire moins. Dans ce cas, les hommes ne
comprennent pas la demande de leur compagne, certains trouvent même indécent qu’une femme ose exprimer des désirs (une femme honnête n’a pas de plaisir disait-on autrefois).
Et là encore, sous la contrainte (personnelle ou de son partenaire)
toute stimulation sera inefficace.
La relation sexuelle ne se résume pas à quelques préliminaires et à la
pénétration
« Faire l’amour », c’est aussi partager de la tendresse, de la
douceur, un ensemble d’émotions, de regards et de mots acceptés par les deux, des jeux ludiques, un moment de fusion réciproque épanouissant… Si ces
conditions ne sont pas réunies, la femme se sent un objet sexuel et vite dégoutée de la sexualité.
Il est indispensable
de savoir et d'accepter qu'il est possible d'avoir une sexualité heureuse sans pénétration à chaque fois. Caresses, câlins, baisers, tendresse, partage, amour, confiance, échanges...font partie
de la sexualité et sont indissociables du désir.
C’est ainsi que les attentes mal ou jamais exprimées peuvent engendrer la
diminution du désir : une femme qui n'est pas caressée comme elle le souhaite et qui ne l'a jamais exprimé à son partenaire risque petit à petit de ne plus le désirer. Mais attention, votre partenaire ne peut pas deviner ce qui vous fait plaisir ni vos besoins ! L’amour ne rend pas devin. Seules quelques mères savent
décoder les besoins de leur nourrisson et votre partenaire sexuel n’est pas votre mère.
Dans de bonnes conditions érotiques, si une femme n'éprouve pas de
sensations voluptueuses, le plus souvent ce trouble est en lien avec des conflits intrapsychiques. Une psychothérapie est alors indiquée.
Le manque de soins corporels du partenaire
Les tenues négligées, une propreté douteuse, des mains auc ongles sales
qui vous caressent, des odeurs corporelles ou buccales désagréables, sont autant de « tue l’amour ». Il faut plaire à l’autre pour lui donner envie. La séduction est l’un des premiers
moteurs de notre désir.
Des douleurs pendant les rapports sexuels
Cela peut venir entre autres d’un manque de lubrification vaginale, de
certaines infections gynécologiques ou de certaines positions... Essayez un lubrifiant intime. Si les douleurs persistent consulter votre
Gynécologue.
La dépression
Le premier signe de toute dépression, chez la femme comme chez l'homme
est une diminution de la libido. Mais attention, de nombreux antidépresseurs et somnifères ont des effets négatifs sur la libido. La majorité diminue l'accès au plaisir, certains gênent la
lubrification, d'autres encore présentent les deux inconvénients. Donc, la libido déjà diminuée par la dépression est encore aggravée par les effets
iatrogènes des traitements.
Ä Il faut bien sur soigner la dépression, sans entrer dans la dépendance, en complétant le traitement par un soutien psychologique auprès d’un professionnel
du couple.
La maladie
La maladie et la fatigue qui l’accompagne diminuent souvent le désir
séxuel.
Et certaines maladies comme l'hypertension, le diabete etc peuvent
entraîner des problèmes sexuels auxquels s’ajoutent les effets secondaires des médicaments.
Les médicaments
Les femmes qui prennent des médicaments contre la dépression, l’hypertension, les
maladies du cœur et même les antihistaminiques peuvent éprouver une perte de désir sexuel. Souvent, les femmes ne font pas le lien entre le médicament en cause et la diminution du désir sexuel.
En parler avec son médecin.
Trop de stress tue le sexe
Le stress de la vie quotidienne est le quotidien de beaucoup de femmes de
30 à 45 ans et peut même mener à la dépression. Or le premier signe est la baisse de la libido. Beaucoup de femmes actives, avec enfants en bas âge et une maison à tenir (double journée) ne
comprennent pas d'où vient leur manque de goût pour les relations sexuelles, pourquoi elles ne jouissent plus qu'une fois sur trois. En fait, la fatigue à laquelle s’’ajoute éventuellement une
dépression latente, face à de nombreuses obligations entraînent une perte de désir ou des difficultés à atteindre l'orgasme. Quant au stress, chacun est capable de s'adapter à un ou deux
événements émotionnellement forts : un mariage, un deuil… Mais lorsqu'ils s'accumulent en quelques mois, il est impossible de faire face. Le stress devient alors la porte d'entrée vers la
dépression. Pourtant, "l'état de stress ou de dépression à l'origine de la baisse de libido n'est presque jamais perçue par les femmes. Elles ne font pas le lien entre leur mode de vie trépidante
et trop exigeante avec leurs difficultés sexuelles".
Ä Vous n’êtes pas superwoman et ne le serez jamais quoi que vous fassiez. La perfection n’existe pas, Vous ne pouvez pas tout
mener de front en même temps. Soyez donc un peu plus tolérante avec vous-même et mettez la barre moins haut, vous serez moins stressée, moins fatiguée et donc un peu plus disponible pour votre
vie de couple.
Ä « Lâcher » un peu vos enfants et partez en amoureux pour un week-end. Les
enfants sont heureux quand ils voient leurs parents heureux, c’est nécessaire à leur construction, pour se projeter dans une vie future car ils ont besoin de modèles. Que peuvent-ils
envisager pour leur avenir quand ils voient leur mère débordée, pas heureuse et leur père déçu de sa vie de couple ?
Ä Rétablissez les priorités, le couple est une priorité ! Et n'oubliez pas que
souvent, l'appétit vient en mangeant, à condition de prendre son temps et de mettre oeuvre les conditions nécessaires au rendez-vous amoureux.
Ä Il est également indispensable de dégager du temps pour vous seule et pour votre couple en dehors des relations
sexuelles. Vivez donc des moments particuliers en couple : activités de loisirs, sorties en amoureux etc.
Ä Cherchez comment érotiser votre vie à travers votre corps : soins corporels, lingerie, tenues, … mais aussi faites
de la danse, du sport, et pourquoi pas du théâtre. Et puis allez donc découvrir le « club du rire » seule ou avec votre
partenaire.
Où trouver un « club du rire » près de chez
vous http://clubderire.free.fr/clubdefrance.htm
Les problèmes de liens personnels dans le
couple,
Un partenaire qui n'attire pas, avec qui on a des comptes à régler, qui
n'a pas le même projet érotique, ne facilite pas la montée du désir. On ne parvient pas à désirer quand on en a gros sur le cœur !
Ä La consultation avec un professionnel de la vie de couple pourra aider à faire le point (conseiller conjugal, thérapeute de couple si possible
sexologue…)
La maternité
La fatigue de la grossesse, de l’accouchement et l’allaitement
contribuent largement à la disparition du désir chez un grand nombre de femmes (mais certaines femmes voint monter leur libido pendant leur grossesse).
Puis s’ajoute le temps consacré au tout petit, les réveils et biberons nocturnes, ne laissent pas de place à l’amant.
Et enfin, un phénomène dont on parle très peu : la libido est
souvent motivée inconsciemment par le désir d’enfant. Alors lorsque l’enfant paraît, la libido disparaît… pour un certain nombre de
femmes.
La baisse de la
passion
La passion diminue
inévitablement au fil des années (quelques mois à trois ans maximum). C’est une des raisons les plus fréquentes de la diminution du désir.
Peu à peu, l'excitation est plus
difficile à obtenir rendant un ou les deux partenaires insatisfaits.
Frustration, culpabilité, colère, incompréhension, peuvent alors s'installer progressivement. Un statut quo dans le couple s'installe le plus souvent; le ou les partenaires finissent par
s'accommoder (ou "faire semblant") de cette situation.
La routine
Faire l'amour au
même endroit, dans sa chambre le plus souvent, de la même manière peut rendre la sexualité routinière et triste et entrainer une baisse du désir.
L’angoisse de performance
Les femmes aussi connaissent l’angoisse de performance sexuelle, on croit
souvent qu’elles ne peuvent ressentir ce type d’inquiétude, car
l’excitation féminine qui se manifeste par une lubrification vaginale étant nettement moins visible de l’extérieur. 51,93 % des femmes ont une appréhension à l’idée de ne pas être excitée lors de
l’activité sexuelle !
MIEUX VIVRE SA SEXUALITE :
Une sexualité heureuse c’est un apprentissage
Apprentissage qui évolue tout au long de la vie. Le chemin du plaisir
sexuel et de l'orgasme n'est pas inné. Chacun, homme et femme apprend son propre chemin du plaisir, c'est donc un apprentissage, qui passe souvent par la masturbation solitaire, puis dans la
relation à l'autre. Pour partager le plaisir de son corps, il faut d’abord le connaître, savoir comment et à quoi il réagit.
Mieux se connaître, mieux connaître les réactions sexuelles
(modifications du corps lors de l'excitation) peut participer à l'épanouissement érotique. Quelques connaissances, une bonne communication entre les partenaires et de la pratique,
contribueront à une satisfaction partagée.
Bien sûr toutes ces réactions sexuelles ne pourront être mise en jeu que
dans un climat de disponibilité, de sécurité et en accord avec son partenaire.
Ä Chacun de nous a ses propres limites et ne peut donc pas tout accepter dans les rapports amoureux. Mais la pression
sociale est forte (sujets d’actualité sur la sexualité, films érotiques ou pornographiques…) et là encore nous contraint à des pratiques sexuelles que tout le monde ne peut pas forcément
accepter, même pour faire plaisir à son partenaire. Le respect doit exister chez les deux partenaires. Il n’y a aucun lien entre le sentiment amoureux et les pratiques sexuelles. Le chantage
affectif ne peut mener qu’à la rancœur et au désamour.
Ä Consultez un sexologue, il vous donnera son avis et pourra vous aider à créer ou recréer les conditions d'une sexualité
satisfaisante.